
Walter Orengo
26 sept. 2026
Apprendre c'est jouer ?
Former, ce n’est pas farcir une tête de connaissances !
C’est créer les conditions pour que l’apprenant comprenne, expérimente et transforme sa manière de travailler.
Pour ma part, je pars toujours du métier, du quotidien et des situations réelles. Je me place à la place de l’apprenant pour comprendre ce dont il a réellement besoin : parfois apprendre quelque chose de nouveau, parfois simplement apprendre à mieux faire ce qu’il fait déjà.
L'objectif est simple : que l’apprenant puisse utiliser ce qu’il vient d’apprendre immédiatement après la formation. Partir du métier pour aller vers l’action !
Il est recommandé de construire les formations autour de cinq principes :
PARTIR DU MÉTIER
Comprendre les besoins réels, les contraintes et ce qui produit de la valeur.
DONNER DU SENS
Relier chaque apprentissage à une situation concrète, à un problème ou à un bénéfice professionnel.
FAIRE RÉFLÉCHIR
Questionner plutôt que toujours expliquer. Amener l’apprenant à chercher, raisonner et parfois trouver lui-même la réponse. Dans ces moments-là, je suis davantage un guide qu’un professeur.
FAIRE PRATIQUER
La pratique reste l’ingrédient incontournable. J’explique et je montre lorsque c’est nécessaire, puis je fais pratiquer, expérimenter, se tromper, corriger et recommencer.
TRANSFÉRER
Le véritable objectif est que l’apprenant puisse reproduire, adapter et utiliser seul ce qu’il a appris dans son environnement professionnel.
On doit éviter de partir pas du contenu, mais plutôt du métier, cette démarche suit une logique simple : MÉTIER → BESOIN → OBJECTIF → EXPÉRIENCE → PRATIQUE → TRANSFERT
Le contenu à transmettre n'est pas le point de départ il faut privilégier ce que l’apprenant devra réussir à faire dans son métier !
Puis on construit le chemin qui va l’y conduire. Cette logique permet également de choisir les bons supports et les bons outils, plutôt que de chercher artificiellement une utilisation à un outil.
Les outils viennent après la pédagogie
Un outil n’est qu’un moyen.
Les bonnes méthodes du formateur :
Je peux utiliser une démonstration, un cas concret, une vidéo, un tableau, une simulation, un quiz ou un jeu selon ce que je veux provoquer chez l’apprenant.
Je ne varie pas les supports pour varier. Je varie pour maintenir l’attention, modifier l’activité mentale et éviter la posture passive.
Une explication, une démonstration, une vidéo, une autre voix, un visuel, une manipulation ou un jeu ne mobilisent pas l’attention de la même manière.
La ludo pédagogie comme levier d’apprentissage
Le jeu occupe une place importante dans ma façon de former. Pas pour simplement « mettre de l’ambiance », mais parce qu’il permet de faire autrement : chercher, décider, relever un défi, coopérer, expérimenter, se tromper et recommencer.
Il apporte de la légèreté, mais aussi de l’engagement et du challenge. On peut parfois avoir l’impression de jouer alors qu’on est en train d’apprendre.
La ludo pédagogie peut ainsi faire découvrir, faire expérimenter, faire coopérer, maintenir l’engagement, mémoriser et valider, favoriser le transfert.
Elle n’est pas une fin en soi. Comme les autres méthodes et supports, elle doit répondre à un objectif pédagogique.
Faire réfléchir plutôt que simplement transmettre
On ne doit pas chercher systématiquement à donner la réponse.
Une situation, un problème ou une question bien construite peuvent amener l’apprenant à chercher, comparer, raisonner et construire lui-même une réponse.
En ce qui me concerne j’utilise également le principe des difficultés désirables : rendre certaines étapes suffisamment stimulantes pour obliger l’apprenant à mobiliser ses connaissances, à prendre une décision ou à résoudre un problème.
L’erreur devient alors une matière pédagogique. On l’analyse, on la corrige et on comprend pourquoi elle s’est produite.
Le rôle du formateur évolue alors selon la situation : parfois expert, parfois démonstrateur, parfois guide ou facilitateur. Il apporte surtout une structure, des objectifs, des méthodes et une direction.
Ce qui compte à la fin
En fait, on ne cherche pas simplement à ce que les participants aient appris des choses mais plutôt à ce qu’ils soient capables de faire autrement, faire mieux ou faire seuls.
C’est pourquoi on peut mesurer la progression selon une logique simple :
AVANT : que savait-il faire ?
PENDANT : qu’a-t-il réellement pratiqué ?
APRÈS : que peut-il désormais faire seul ?
Les résultats peuvent ensuite se mesurer par les retours des participants, les témoignages, les indicateurs de performance ou le ROI lorsque cela est pertinent.
Une formation réussie ne remplit donc pas seulement la tête : Elle transforme la manière de comprendre, de décider et d’agir.
Le jeu : un véritable levier pédagogique
La ludo pédagogie occupe une place importante dans ma façon de former. Le jeu n’est pas une récompense ni une simple façon de « mettre de l’ambiance ». Bien conçu, il cr ée une situation dans laquelle l’apprenant doit observer, réfléchir, choisir, agir, prendre un risque, se tromper, recevoir un feedback et recommencer. Il mobilise ainsi plusieurs mécanismes utiles à l’apprentissage tout en apportant de la légèreté, du défi et une implication différente de celle d’un cours classique.
C’est également un levier intéressant pour diversifier les modalités d’apprentissage et permettre à certains apprenants, notamment parmi les profils neuro-atypiques, de trouver des modalités d’engagement qui leur correspondent davantage. Il ne s’agit pas de prétendre qu’un jeu convient à tous, mais de multiplier les portes d’entrée vers l’apprentissage.
Je peux ainsi utiliser des quiz, défis, énigmes, jeux de rôle, simulations, enquêtes, escape games, jeux de décision, jeux collaboratifs ou jeux de classement, selon l’objectif recherché. Le bon jeu n’est donc pas celui qui amuse le plus, mais celui qui provoque l’activité cognitive recherchée.
Le jeu peut faire découvrir, faire expérimenter, faire coopérer, maintenir l’engagement, favoriser la mémorisation, permettre l’évaluation et faciliter le transfert. Il transforme parfois une situation d’apprentissage en problème à résoudre ou en défi à relever. L’apprenant ne reçoit plus simplement une information : il doit en faire quelque chose.
C’est précisément ce qui en fait, à mes yeux, un levier majeur : on peut avoir l’impression de jouer alors qu’on est en train d’apprendre à comprendre, à décider et à agir autrement.
Le bon jeu n’est pas celui qui amuse le plus, mais celui qui provoque l’activité cognitive recherchée.
Jeu et neurodiversité
Pour certains apprenants neuroatypiques, les mécanismes du jeu peuvent constituer une porte d’entrée particulièrement efficace vers l’apprentissage. Objectif clair, défi accessible, progression visible, feedback immédiat, récompense, droit à l’erreur et sentiment de réussite créent un cadre qui peut faciliter l’engagement et maintenir l’attention.
Le jeu permet également de fractionner une difficulté en étapes courtes et motivantes, plutôt que de confronter l’apprenant à une tâche longue et abstraite. Ce n’est pas le jeu en lui-même qui fait apprendre, mais la manière dont ses mécanismes sont utilisés pour rendre l’apprenant actif, engagé et progressivement autonome.
Merci à Nadège Deconquant pour la qualité de son E-learning, sa patience et son professionnalisme.
Principe | Ce que je cherche à faire | Comment je le mets en œuvre |
PARTIR DU MÉTIER | Comprendre la réalité professionnelle, les besoins, les contraintes et la valeur attendue. | Je pars des situations réelles et me place à la place de l’apprenant. |
DONNER DU SENS | Relier l’apprentissage à un besoin concret et à son utilité professionnelle. | Je montre pourquoi l’apprentissage est utile et ce qu’il permettra de faire. |
FAIRE RÉFLÉCHIR | Rendre l’apprenant acteur de sa compréhension plutôt que simple récepteur. | Questionnement, logique, recherche, difficultés désirables, analyse des erreurs. |
FAIRE PRATIQUER | Transformer les connaissances en capacités d’action. | Cas métier, exercices, simulations, manipulations, expérimentations, essais et corrections. |
TRANSFÉRER | Permettre à l’apprenant de réutiliser seul ce qu’il a appris dans son travail. | Mise en situation professionnelle, réutilisation, adaptation et mesure des résultats. |
